Interview de VENTO-SOL publié par ToulÉco Tarn le 02/03/2021

Nicolas Vento, Vento-Sol : « Avec Ecobang, j’aurais pu conquérir 30 % du marché »

L’équipe VENTO-SOL remercie ToulÉco Tarn, un journal hebdomadaire abordant l’activité économique du Tarn, pour son interview nommé “Nicolas Vento, Vento-Sol : « Avec Ecobang, j’aurais pu conquérir 30 % du marché »”.

Auteur : Matthias Hardoy

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La Cour d’appel de Bordeaux donne raison à VENTO-SOL.

Située à Castres, Vento-Sol propose une solution contre les effluents industriels et agricoles nommée Ecobang. Depuis presque dix ans, l’entreprise conteste la procédure d’homologation du ministère de la Transition écologique. La Cour d’appel de Bordeaux vient de donner raison à la société. Nicolas Vento revient sur l’histoire mouvementée de Vento-Sol.

Nicola Vento, concepteur d’ECOBANG et patron de VENTO-SOL.

Nicolas Vento, comment est nait la solution Ecobang ?

Entre 2002 et 2007, je faisais partie d’une entreprise qui a mis en place une innovation dont la première application était de traiter les effluents industriels et agricoles. Le dispositif avait des fragilités. Il fallait améliorer le cahier des charges. L’objectif était de proposer une solution plus économique, moins volumineuse, qui s’adapte à tous les tailles de cuves et soit facilement transportable. L’entreprise s’est arrêtée mais j’ai continué le projet. D’abord au sein de Regate, la coopérative de start-up de Castres, puis seul chez moi. Il y a eu une quinzaine de prototypes différents. C’est comme ça qu’est né Ecobang en 2010. Celui-ci produit seulement 1 kilo de résidus pour 1 tonne d’effluent.

Expliquez-nous le conflit qui vous oppose au ministère de la Transition Écologique depuis des années ?

À la fin des années 90, il n’existait que le phytobac, développé par l’industriel allemand Bayer. Ce système, qui fonctionne par épandage, dégraderait les molécules et rendrait les effluents moins polluants. La loi de 2006 relative à l’utilisation de produits phytosanitaires, qui impose une homologation, ne prend en compte que ce type de solutions. Elle ne s’adapte et ne s’applique pas à des solutions comme Ecobang, qui ne nécessite pas d’épandage.

Le ministère de la Transition Écologique nous a pourtant imposé une procédure d’homologation. Au bout d’une quinzaine de tests et trois ans, une autorisation nous a été accordée, mais seulement pour le secteur viticole et avec un nombre de restrictions impensables. J’ai donc décidé d’attaquer juridiquement la décision d’homologation. La cour administrative de Toulouse nous a donné raison en mai 2018 et la cour d’appel de Bordeaux a confirmé en décembre 2020. La justice reconnait notre préjudice. Grâce à cette solution innovante et économique, j’aurais pu conquérir 20 à 30% du marché.

Comment Vento-Sol a pu résister à ce combat judiciaire ?

Cela a été très compliqué. En sept ans, j’ai gagné en tout 9000 euros net. J’ai dû réduire fortement mes dépenses, me faire aider par ma compagne et ma famille. De juillet 2010 à septembre 2020, mon salaire était de 220 euros par mois. Aujourd’hui, il est de 800 euros nets par mois. À quoi vais-je avoir droit pour ma retraite ? Certaines entreprises m’ont toutefois fait confiance et m’ont permis de continuer. J’ai fait de l’export en Italie. Dans la zone de Lombardie, il y a vingt entreprises qui utilisent l’Ecobang. Ce qui correspond à 30 machines. Et, au total, depuis 2015, 250 machines ont été vendues (en France et Italie principalement, mais aussi en Suisse, Espagne et Gabon).

Quelles sont vos projets en 2021 ?

Au niveau judiciaire, nous allons contester, auprès du Conseil d’État, une loi de 2019 par laquelle le ministère de la Transition Écologique a cherché à modifier la loi de 2006 sur les produits phytosanitaires. Mais celle-ci est en contradiction avec le Code de l’Environnement. Au niveau entrepreneurial, les projets continuent. Je travaille sur plusieurs prototypes. Je vais bientôt communiquer sur cela, ainsi que sur des collaborations avec d’autres entreprises.